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Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts

Chanter faux sous la douche, griffonner sans but dans un carnet, danser seul·e dans son salon un dimanche soir… Et si ces petits gestes, qu’on n’ose même pas appeler “artistiques”, étaient déjà une façon de « faire de l’art » et au-delà, de prendre soin de soi ?

Il n’est pas nécessaire de savoir “faire de l’art”

Commençons par déculpabiliser, parce que c’est souvent le premier frein. On imagine qu’il faut savoir dessiner, avoir une belle voix ou maîtriser une technique pour avoir le droit de “faire de l’art”. Ce n’est pas vrai, et c’est même contre-productif de le penser.

S’ouvrir aux arts n’est pas une question de talent ni de performance. C’est une question d’expérience : se laisser traverser par une émotion, un geste, une couleur ou un son, sans chercher à produire un résultat impressionnant. Personne ne vous demandera votre diplôme des Beaux-Arts pour avoir le droit de tenir un crayon.

Et s’ouvrir aux arts ne signifie pas nécessairement créer. Écouter un concert, regarder un film, visiter une exposition ou assister à un spectacle peut également offrir un espace d’émotion, de réflexion et de partage.

Pourquoi les arts peuvent-ils nous faire du bien ?

Plusieurs mécanismes se rejoignent :

  • Exprimer ce qui n’a pas de mots. Certaines émotions se disent plus facilement en couleurs, en mouvement ou en musique qu’en phrases construites.
  • Faire une pause dans le stress. L’engagement dans un geste créatif (même simple) peut contribuer à diminuer la tension ressentie et offrir une pause dans le flot des pensées.
  • Revenir au moment présent. Observer une texture, écouter un rythme, choisir une nuance : autant de façons de ramener l’attention ici et maintenant.
  • Retrouver du sens et du lien. Une pratique artistique peut nourrir le sentiment d’accomplissement, favoriser les échanges et ouvrir un espace différent dans le quotidien.

Créer, ce n’est pas seulement produire

On a tendance à juger une activité créative à son résultat : est-ce que c’est beau, est-ce que c’est réussi, est-ce que cela mérite d’être montré ? Mais l’essentiel se joue souvent ailleurs, dans le processus lui-même.

Créer, c’est aussi ralentir. C’est se donner le droit de ne rien faire d’”utile” pendant vingt minutes. C’est ressentir ce qui se passe en soi pendant qu’on peint, qu’on écrit ou qu’on chante, sans chercher à contrôler le résultat. C’est, finalement, une façon de se relier à soi, tout simplement.

S’ouvrir aux arts, concrètement

Pas besoin de s’inscrire à un cours pour commencer. S’ouvrir aux arts peut prendre des formes très simples, déjà présentes dans votre quotidien :

  • chanter à tue-tête en voiture ;
  • prendre une photo pendant une balade ;
  • griffonner ou coller des images dans un carnet ;
  • écrire quelques lignes le soir ;
  • danser dans sa cuisine ;
  • écouter un morceau en fermant les yeux ;
  • s’arrêter devant une œuvre ;
  • aller voir une exposition ou assister à un spectacle.

L’essentiel n’est pas de choisir l’activité la plus impressionnante, mais celle qui vous donne envie d’essayer. Vous pouvez commencer par quelques minutes, sans objectif précis, puis observer ce que cette expérience change (même légèrement) dans votre humeur, votre énergie ou votre manière de voir les choses.

Parmi ces pratiques, il en existe une que j’aime particulièrement et que je propose dans mon accompagnement : le Journal Créatif. Il combine écriture, dessin et collage pour explorer ce qui se joue en soi (les émotions, les questionnements ou encore les décisions) dans un cadre bienveillant.

Il ne s’agit pas de produire une œuvre, mais de s’offrir un temps pour ralentir, mettre en forme ce qui est parfois difficile à nommer et faire émerger de nouvelles pistes de réflexion. C’est un outil accessible, qui ne demande aucune compétence artistique préalable.

Si vous souhaitez être accompagné·e dans cette démarche, je propose un espace d’écoute et d’exploration adapté à vos besoins. Ensemble, nous pourrons prendre le temps de clarifier ce que vous ressentez, d’explorer vos questionnements et d’identifier les ressources qui peuvent vous aider à avancer. Prenez rendez-vous avec moi.

Une précision importante

Les pratiques artistiques ne remplacent pas une thérapie lorsqu’un accompagnement thérapeutique est nécessaire. Si vous traversez une période difficile, en parler avec un professionnel de santé reste essentiel.

En revanche, les arts peuvent contribuer au bien-être, à la prévention et à l’équilibre psychique au quotidien, en complément d’un accompagnement adapté si besoin.

Ce que montre la recherche

Le lien entre créativité, arts et bien-être n’est pas qu’une intuition. En 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé a publié un rapport de référence, What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being?, qui synthétise les résultats de plus de 3 000 études.

Cette synthèse met en évidence des effets bénéfiques des arts dans plusieurs domaines : promotion de la santé, prévention, soutien du bien-être et accompagnement de certaines pathologies. Menée par le réseau Health Evidence Network de l’OMS, cette publication constitue l’une des synthèses internationales de référence sur les liens entre arts, santé et bien-être.

La recherche ne remplace pas l’expérience personnelle : elle nous aide surtout à mieux comprendre les façons dont les arts peuvent soutenir notre santé et notre bien-être. Les pratiques artistiques accompagnent l’être humain depuis toujours. Les études nous permettent aujourd’hui de mieux comprendre ce que beaucoup d’entre nous pressentent depuis longtemps.

Pour aller plus loin sur le sujet, sachez que la thématique des Semaines d’Information sur la Santé Mentale 2026 (qui se dérouleront du 5 au 18 octobre 2026) est justement “Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts”. Vous pouvez consulter le programme et les ressources sur la page officielle des SISM 2026.

Et vous ?

Quelle place les arts occupent-ils dans votre vie aujourd’hui ? Y a-t-il une pratique que vous aimeriez découvrir, ou retrouver après l’avoir mise de côté ?

Choisissez simplement une activité qui vous attire et accordez-lui quelques minutes : sans objectif de résultat, sans pression, juste pour voir ce que cela vous fait.

Parfois, prendre soin de soi commence par un geste simple.